L'accord provisoire conclu entre le Conseil de l'Union européenne et le Parlement européen imposerait des critères de résilience dans les marchés publics de médicaments essentiels et de leurs principes actifs. Il permettrait également aux pouvoirs adjudicateurs de privilégier des chaînes d'approvisionnement européennes plus robustes lorsque l'Union est fortement dépendante de pays tiers pour son approvisionnement. Cette mesure vise à remédier aux pénuries récurrentes que les institutions de l'UE ont imputées en grande partie à des problèmes de fabrication et à une production concentrée hors de l'Union.
Les négociateurs se sont également engagés à soutenir les projets industriels stratégiques au sein de l'UE visant à créer, moderniser ou accroître les capacités de production. Conformément aux modalités définies par le Parlement européen, les projets bénéficiant d'un soutien financier national ou européen seraient soumis à des obligations, notamment celle de privilégier l'approvisionnement du marché de l'UE. Le champ d'application de la loi serait également étendu, dans certains domaines, aux médicaments orphelins destinés au traitement des maladies rares, élargissant ainsi l'accès à des mesures telles que le statut de projet stratégique et les achats groupés.
Mesures d'approvisionnement et de production
Une autre disposition abaisse le seuil de dépôt des demandes d'achat groupé auprès de la Commission européenne , lui permettant d'engager une procédure d'achat dès lors qu'au moins cinq États membres la sollicitent, contre neuf dans la proposition initiale. La Commission pourra également inciter les pays à formuler une demande conjointe. Les eurodéputés affirment que cette modification vise à renforcer le pouvoir de négociation collective et à permettre aux marchés plus petits d'accéder aux médicaments essentiels dans des conditions plus équitables.
L'accord instaure également des garanties concernant les stocks de précaution, exigeant que les mesures de constitution de ces stocks soient transparentes et respectent les principes de solidarité et de proportionnalité au sein du marché unique. Les États membres pourront échanger des informations sur leurs réserves d'urgence, et un mécanisme volontaire existant pourra être utilisé pour faciliter la réallocation des médicaments essentiels entre pays en cas de besoin. Le Conseil de l'Union européenne a indiqué que ces règles visent à éviter que les besoins en stocks nationaux d'un pays n'aggravent les pénuries ailleurs dans l'Union.
Stocks et prochaines étapes
Ce paquet de mesures s'appuie sur une proposition formulée par la Commission européenne en mars 2025 dans le cadre d'efforts plus larges visant à renforcer la sécurité des médicaments au sein de l'Union européenne de la santé. Cette proposition visait à améliorer la disponibilité, l'approvisionnement et la production de médicaments essentiels et d'autres produits d'intérêt commun, notamment certains médicaments pour les maladies rares qui ne sont pas suffisamment disponibles sur plusieurs marchés. L'Agence européenne des médicaments tient à jour la liste de l'Union des médicaments essentiels, qui a contribué à définir le champ d'application de la législation et la réponse politique globale aux pénuries.
Le Conseil a adopté sa position de négociation en décembre 2025 et le Parlement a approuvé son mandat en janvier 2026. L'accord de mardi est provisoire et nécessite encore l'approbation formelle du Parlement européen et du Conseil avant son entrée en vigueur, après examen juridique et linguistique. Une fois adoptée, cette loi constituera le cadre central de l'UE pour lutter contre les pénuries de médicaments grâce à des règles d'approvisionnement, un soutien à la production et une coordination transfrontalière des fournitures essentielles.
L’article « L’UE adopte des règles essentielles concernant les médicaments pour freiner les pénuries » est paru initialement dans l’Evening Post London .

